Télécharger les courbes de croissance

Le Centre d’endocrinologie pédiatrique Zurich (Pädiatrisch-Endokrinologisches Zentrum Zürich, PEZZ) 
a collecté les mesures d’environ 18’000 enfants en collaboration avec des pédiatres suisses entre 2017 et 2019 et complété cet ensemble de données avec des données issues des mesures actuelles des nouveau-nés, des examens de médecins scolaires et des mesures émanant d’écoles de recrues. Après plusieurs décennies, la Suisse dispose à nouveau de chiffres actuels sur la croissance et le développement. L’étude a été présentée le 7 juin 2019 à l’Assemblée annuelle de la Société Suisse de Pédiatrie (SSP) à Bellinzone. La valeur des résultats est confirmée par la publication dans le journal international de haut niveau Annals of Human Biology.

Les résultats de l’étude confirment que la croissance est représentée avec la plus grande précision par les données nationales et que les données de l’OMS utilisées en Suisse ne reflètent pas suffisamment la croissance des enfants en Suisse. La croissance réelle diffère nettement des courbes de l’OMS utilisées en Suisse depuis 2011, notamment en ce qui concerne le 3e percentile pour la taille et le 97e percentile pour le poids.



Nouvelles courbes de croissance pour les enfants en Suisse

Le Centre d’endocrinologie pédiatrique Zurich (Pädiatrisch-Endokrinologisches Zentrum Zürich, PEZZ) a collecté les mesures d’environ 18’000 enfants en collaboration avec des pédiatres suisses entre 2017 et 2019 et complété cet ensemble de données avec des données issues des mesures actuelles des nouveau-nés, des examens de médecins scolaires et des mesures émanant d’écoles de recrues. Après plusieurs décennies, la Suisse dispose à nouveau de chiffres actuels sur la croissance et le développement. L’étude a été présentée le 7 juin 2019 à l’Assemblée annuelle de la Société Suisse de Pédiatrie (SSP) à Bellinzone. La valeur des résultats est confirmée par la publication dans le journal international de haut niveau Annals of Human Biology.

Les résultats de l’étude confirment que la croissance est représentée avec la plus grande précision par les données nationales et que les données de l’OMS utilisées en Suisse ne reflètent pas suffisamment la croissance des enfants en Suisse. La croissance réelle diffère nettement des courbes de l’OMS utilisées en Suisse depuis 2011, notamment en ce qui concerne le 3e percentile pour la taille et le 97e percentile pour le poids.

Comment avons-nous procédé?
Sous le titre de travail «Nouvelles courbes de croissance pour les enfants en Suisse», nous avons collecté des données transversales prospectives entre 2017 et 2019 avec 62 pédiatres et 25 écoles en Suisse centrale et orientale. Les pédiatres et les écoles ont été sélectionnés de manière à prendre en compte différents types de zones (ville, agglomération, campagne) et types d’écoles. Nous avons ajouté trois séries de données externes à notre série de données prospectives: 1. Les données des nouveau-nés de l’Office fédéral de la statistique (OFS); 2. Données du service médical scolaire de Zurich de 2017, et 3. Données provenant d’écoles de recrues du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS). Au total se sont 30’141 données de garçons et de filles de 0 à 20 ans qui ont été évaluées. Les courbes de croissance (percentiles) ont été calculées selon la méthode LMS.

Quelles sont les principales conclusions pour les pédiatres suisses?

1.  Taille par rapport aux courbes de Prader: très similaire
Les nouvelles courbes des premières années de vie et de l’âge adulte correspondent assez bien aux courbes de Prader. Entre l’âge de 9 ans et l’âge adulte, les enfants et les adolescents d’aujourd’hui sont plus grands en raison de la puberté qui commence un peu plus tôt. La légère différence de la taille adulte de 1,1 cm pour les hommes et de 1,2 cm pour les femmes reflète le «secular trend» qui s'épuise.

2.     Taille par rapport aux courbes de l’OMS: assez différente, en particulier le P3
La comparaison de nos courbes avec celles de l’OMS montre que les enfants actuels en Suisse sur le P50 sont en partie nettement plus grands à partir de l’âge de 2 ans, à savoir jusqu’à 3,5 cm. Pour la/le pédiatre, il est particulièrement important qu’à partir de l’âge de 5 ans, le 3e percentile des courbes de l’OMS devrait être de 2 à 4 cm en dessous du 3e percentile de nos courbes de croissance actuelles. Alors que les données de l’OMS étaient basées sur des sujets des années de naissance similaires à celles des anciennes courbes Prader et étaient collectées principalement en dehors de l’Europe, les nouvelles courbes de croissance sont basées sur des données récentes des enfants et des adolescents suisses et sont scientifiquement solides.

3.     Taille par rapport aux autres nations: presque identique
Nos nouvelles courbes de croissance sont presque identiques aux courbes de croissance publiées ces dernières années par nos voisins, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie du Nord. Il n’y a pas d’influence significative sur la courbe globale des enfants issus de l’immigration.

4.     L’IMC par rapport aux courbes de Prader: très similaire
Nous avons comparé les valeurs IMC des données Prader avec les valeurs IMC de tous les enfants avec deux parents suisses et nous avons constaté que les enfants suisses ne sont devenus que très légèrement plus lourds au cours des 50 dernières années. Seuls les enfants au-dessus du 90e percentile sont devenus plus lourds.


5.     L’IMC par rapport aux courbes de l’OMS: assez différent, en particulier le P97
Les 3e et 50e percentiles des courbes IMC de l’OMS sont très similaires à ceux que nous avons établis. Frappant par contre sont les courbes du 97e percentile IMC de l’OMS. En effet, elles sont nettement inférieures à celles de nos nouvelles courbes suisses et des courbes des pays voisins. En conséquence, lorsque l’on utilise les courbes de l’OMS, près du double des enfants sont considérées comme obèses.

6.     L’IMC par rapport aux autres nations: presque identique, grande influence de la migration en provenance du Sud
Les enfants en Suisse sont en moyenne un peu plus minces que ceux des pays voisins. En ce qui concerne la migration, en Suisse 13% des immigrants sont originaires du Sud (Italie, Espagne, Portugal, Balkans, Turquie). Mais par contre, ces enfants représentent environ 50% de tous les enfants obèses de Suisse. 

7.     Dans quelle mesure notre échantillon est-il représentatif pour toute la Suisse?
Notre collecte prospective de données a eu lieu en Suisse centrale et orientale. Dans les études concernant les écoles de recrues, les différences de taille sont très faibles dans les différentes parties du pays: la taille moyenne est de 178,4 cm en Suisse alémanique (part 76%), 177,8 cm en Suisse romande (part 23%) et 177,1 cm en Suisse italienne (part 4%). La différence de taille de 0,6 cm entre les recrues de Suisse romande et de Suisse alémanique est si faible que l’on peut considérer que nos nouvelles courbes conviennent également à la Romandie, étant donné qu’il n’y a pas de nouvelles courbes sérieuses françaises à ce jour. Même si nous avions pris un nombre suffisant de mesures du Tessin ou de la Suisse romande, cela n’aurait modifié les résultats globaux que de quelques millimètres. Pour l’IMC, c’est la part de résidents étrangers qui est décisive. La part des résidents étrangers dans le canton de Zurich, où une grande partie de nos données a été collectée, est la plus proche de la part globale de la Suisse et de tous les cantons.